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Détresse neurovégét...
 
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Détresse neurovégétative

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(@calyro)
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Inscription: Il y a 6 mois
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Début du sujet  

Bonjour,

Mes troubles se sont produits il y a environ trois ans, à la suite d’une sieste. Un mal-être très prégnant était apparu, qui perdura jusqu’à tard le soir. Cela relevait à la fois d’une sensation nauséeuse, d’une grande irritabilité et d’une profonde souffrance psychologique. Je n’aurais pas pu écouter, à ce moment-là, même une musique que j’aimais particulièrement.

Je finis par m’endormir, mais ce trouble est réapparu le lendemain, par périodes moins pénibles, sans toutefois disparaître.

Aujourd’hui, je peux me sentir bien, voire très bien… et patatras, ce mal-être m’envahit ! Sur une échelle psychologique de la souffrance, je dois être à 8 ou 9 au pic — autrement dit, ce que j’endure est limite.

La première fois que cela m’a pris, si j’avais eu un bouton près de moi pour quitter cet état, j’aurais appuyé dessus.

Aujourd’hui, même la nuit, je peux ressentir une forte tension intérieure, un sentiment où je ne sais pas si je suis vivant ou mort.

Dans la journée, des nouveautés auxquelles j’aurais pu me passer volontiers ; des moments où, même assis, mes battements cardiaques marquent un temps d’arrêt de deux secondes environ — que je ressens nettement.

Je prends du magnésium, qui semble avoir réduit ce phénomène sans l’avoir fait disparaître. Une sensation de vertige aussi, par moments.

Il y a trois semaines, j’étais à table avec ma belle-sœur. Nous avions terminé le repas quand, tout à coup, je me suis senti « partir », m’évanouir. J’ai posé ma tête sur la table et mes bras de chaque côté. Cela a duré moins de dix secondes, mais je n’ai pas compris ce qui m’arrivait.

Le surlendemain, ce phénomène a commencé à se reproduire, mais avec une intensité moindre — debout, en appuyant sur le bouton commandant la lumière au-dessus de la plaque de gaz.

Je suis sujet aux malaises vagaux. J’en ai fait un il y a quelques mois en apprenant qu’une jeune fille avait été violée par le chauffeur de taxi qu’elle avait appelé pour rentrer chez elle après une soirée en boîte de nuit.

Mes troubles seraient-ils générés par mon nerf vague… lequel pourrait réagir à une cause organique qui passerait sous les radars : endocrinologique, tensionnelle, cardiologique ou autre ?

 

   
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(@cognisante)
Membre Admin
Inscription: Il y a 10 mois
Posts: 2
 

Ce que vous avez

Vos symptômes correspondent à une dystonie neurovégétative (dysautonomie) avec malaises vagaux récurrents : un dysfonctionnement du système nerveux autonome qui régule automatiquement cœur, tension, digestion et gestion du stress.

Vos symptômes expliqués

Mal-être intense, nausées, irritabilité, souffrance psychologique : typiques d'une dysautonomie. Le nerf vague relie cerveau, cœur et intestins, d'où ces symptômes mixtes physiques-émotionnels.

Pauses cardiaques de 2 secondes : significatives et à évaluer rapidement. Elles peuvent indiquer un trouble du rythme cardiaque ou une hyperactivité vagale (le nerf vague ralentit trop le cœur).

Évanouissements/pré-syncopes : malaises vagaux classiques. Le nerf vague suractivé provoque une chute brutale de tension et un ralentissement cardiaque → perte de connaissance.

Sensibilité émotionnelle (malaise en entendant l'histoire de viol) : hyperréactivité vagale aux émotions fortes.

Causes possibles cachées

Le nerf vague régule aussi les glandes (thyroïde, surrénales). Un problème endocrinien, cardiaque ou tensionnel peut provoquer ou aggraver ces troubles.

Examens indispensables

À faire rapidement :

  • ECG + Holter 24-72h : pour détecter arythmies et pauses cardiaques

  • Bilan sanguin : thyroïde (TSH), magnésium, potassium, glycémie

  • Tension couchée/debout : hypotension orthostatique

  • Tilt-test (test d'inclinaison) si malaises répétés : reproduit la syncope sous surveillance médicale

Traitements et solutions

Magnésium : vous avez raison de continuer, il réduit l'hyperexcitabilité nerveuse et les troubles cardiaques.

Médicaments (selon bilan) :

  • Régulation de la tension/fréquence cardiaque

  • Traitement hormonal si problème thyroïdien

Stimulation du nerf vague (très efficace) :

  • Cohérence cardiaque : 5 min, 3x/jour (inspirer 4 sec, expirer 6 sec)

  • Respiration abdominale profonde

  • Massage du cou (zone derrière mâchoire)

  • Douches froides, gargarismes

Hygiène de vie :

  • Éviter café, thé noir, stimulants

  • Alimentation anti-inflammatoire : légumes verts, poissons gras, fruits secs

  • Hydratation suffisante

  • Gestion du stress : méditation, relaxation, TCC (thérapie cognitivo-comportementale)

Plantes : passiflore, valériane, mélisse, camomille (relaxantes).

Ce qu'il faut faire MAINTENANT

  1. Consulter rapidement un médecin généraliste puis cardiologue : les pauses cardiaques et syncopes répétées nécessitent un bilan

  2. Continuer le magnésium en attendant

  3. Commencer la cohérence cardiaque dès aujourd'hui (gratuit, sans risque, très efficace)

  4. Noter vos symptômes : fréquence, contexte, durée pour aider le diagnostic

Dans 40% des cas, les syncopes restent inexpliquées même après bilan complet, mais le pronostic est généralement bon. L'essentiel est d'écarter une cause cardiaque grave (priorité absolue), puis de mettre en place une prise en charge globale pour réguler votre système nerveux autonome


   
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(@calyroo)
New Member
Inscription: Il y a 5 mois
Posts: 1
 

@cognisante 

Je voulais hier vous remercier vivement pour votre longue réponse, mais je ne retrouvais pas mon mot de passe et, n’ayant pas réussi à en réinitialiser un nouveau, je me suis réinscrit.

Mes troubles correspondraient donc à une dystonie neurovégétative. Hier, mes pauses sinusales se produisaient de manière nettement plus rapprochée que d’habitude, au point que j’ai appelé le 15. L’électrocardiogramme à l’hôpital était rassurant (comme les autres réalisés avec mon cardiologue). Sans doute aucune implication organique n’est en cause : je ne ressens jamais de douleur dans la zone du cœur, pas même lorsque je fais près d’une heure de rollers (Charles III et moi fêtions hier nos 77 années).

Demain, je revois mon généraliste et, en fin d’après‑midi, un autre praticien en milieu hospitalier, interniste ou assimilé (que j’avais déjà consulté). J’ai toujours été hypersensible : une goutte de sang prélevée sur un pouce, il y a longtemps, avait commencé à “me faire partir”. Il y a une quinzaine d’années, j’avais consulté un ophtalmologiste pour un problème de vision au niveau d’un œil. Il m’avait dit alors : « Vous avez une tache, ça vient de là. » Je lui avais répondu : « Je sais docteur », mais il m’avait rétorqué : « Il ne s’agit pas de celle‑là », et patatras, je suis tombé dans les pommes.

Un peu plus tard, plusieurs autres ophtalmologistes n’avaient jamais observé ce type de formation. Il a fallu deux interventions chirurgicales pour en être débarrassé. Au bout d’une vingtaine de jours après la première, cette formation s’était reconstituée… bref.

Je me rappelle aussi que, lorsque j’avais 10 ans, aimant lire des séries de science‑fiction en bande dessinée, un soir mes parents durent faire venir notre généraliste car je ne me sentais pas bien.

Pour clore mon roman personnel, je devais avoir 3 ans : j’étais couché et j’avais dit à mes parents : « C’est vrai qu’on meurt un jour ? » Leur réponse : « Eh oui. » À ce moment‑là, impossible de trouver le sommeil et je relançais ma question. Ils finirent par me dire non, et là je retrouvai la quiétude.

 

   
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(@cognisante)
Membre Admin
Inscription: Il y a 10 mois
Posts: 2
 

@calyroo

Merci beaucoup pour votre retour très complet et sincère. Il est tout à fait cohérent que votre diagnostic se dirige vers une dystonie neurovégétative.Cette condition, même si parfois difficile à vivre, est souvent un trouble fonctionnel du système nerveux autonome, ce qui explique que votre électrocardiogramme hospitalier et vos examens cardiologiques soient rassurants.

Votre hypersensibilité, que vous évoquez depuis l’enfance, est également un élément fréquent chez les patients souffrant de ce type de troubles, l’hyperréactivité à des stimuli émotionnels ou physiques peut aggraver les symptômes, comme les malaises et les pauses sinusales.

Il est très important que vous poursuiviez vos consultations générales et spécialisées afin de continuer à exclure toute cause organique sérieuse et à surveiller l’évolution de vos symptômes. Votre démarche est la bonne : un suivi médical régulier, associé à une prise en charge adaptée qui peut inclure des méthodes de gestion du stress, la cohérence cardiaque, et éventuellement des traitements médicamenteux ciblés selon les besoins.

N’hésitez pas à noter précisément la fréquence, l’environnement et les circonstances de vos malaises ou symptômes, cela aidera grandement vos praticiens à affiner le diagnostic et adapter la prise en charge.

Continuez également de pratiquer une activité physique modérée et régulière, en respectant vos limites, comme vous le faites avec le roller. Évitez les stimulants (comme la caféine ou l'alcool) qui peuvent aggraver la dysautonomie.

Enfin, la qualité de vie malgré ces troubles passe aussi par une bonne prise en charge psychologique, que ce soit par une psychothérapie ou des techniques comme la relaxation et la méditation, afin de mieux gérer l’angoisse et l’hypersensibilité.

Je vous souhaite bon courage dans votre parcours et reste à votre disposition si vous avez d’autres questions ou besoins d’informations.

Bien à vous.


   
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